La cabane à livres du renard

01 juillet 2017

Prix littéraire 2017 : les gagnants !

Mieux vaut tard que jamais... vraiment désolée : voilà déjà plus d'un mois que les gagnants ont été récompensés ^__^

Prix Petit Ogre : C'est ma mare de Claire Garralon

mare

Prix Feu Follet : S'unir c'est se mélanger de Laurent Cardon

unir

Prix Broussaille : Etoile, le cheval aux yeux de nuit d'Elodie Soury-Lavergne

étoile

Prix Chrysalide : Caballero de Lénia Major

caballero

Un grand bravo et un grand merci pour leur présence en chair et en os ou virtuelle lors de la cérémonie de remise des prix du 20 mai.

 

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Yukiguni : Pays de neige

Yasunari Kawabata, écrivain japonais contemporain, a eu le prix Nobel de littérature en 1968. Je n'avais jamais entendu parler de ce monsieur, alors j'ai testé ^__^

paysdeneige

Shimamura, marié, père de famille, n'a pas besoin de travailler pour subsister, il consacre donc son temps à sa passion : le théâtre Nô, puis la danse occidentale. Il aime de temps à autre fuir Tokyo et son agitation pour se perdre dans la montagne. Lors d'une escapade dans une station thermale, il rencontre Komako apprentie geisha. Il reviendra deux fois, vivre comme dans une parenthèse, dans cette montagne où le temps se déroule différemment.

On suit les événements par le regard de Shimamura, ses interrogations, ses rêveries. Le récit s'écoule lentement comme une rivière paisible, pas de suspense, pas de tension. Nulle hâte de connaître la suite au fil des pages mais l'attirance à se couler encore dans cette ambiance... On découvre la vie dans les montagnes, les habitudes des Japonais (dans les années 30) et leur façon d'être qui nous semble parfois si éloignée de la nôtre mais ce que ressent Shimamura est pourtant universel.

Il y a des discussions sur la traduction de ce livre, car il est vrai que le style de la traduction française est parfois un peu tarabiscoté. Je pense que c'est pour faire ressortir le côté poétique, irréel mais c'est un peu lourd quelques fois.

Plusieurs films ont été tournés d'après ce roman dans les années 50-60, et un shojo très fidèle au texte a été réalisé par Sakuko Utsagi paru chez Piquier en France en 2010. Voilà une commande pour mes chers libraires ^__^ Je vous tiens au courant...

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06 juin 2017

L'amas ardent Yamen Menai editions Elyzad

 
                                    
amas ardent

Aux abords de Nawa, village de l'arrière-pays, le Don, apiculteur, mène une vie d'ascète auprès de ses abeilles, à l'écart de l'actualité. Pourtant, lorsqu'il découvre les corps mutilés de ses "filles", il doit se rendre à l'évidence : la marche du monde l'a rattrapé, le mettant face à un redoutable adversaire. Pour sauver ce qu'il a de plus cher, il lui faudra conduire son enquête dans une contrée quelque peu chamboulée par sa toute récente révolution, et aller chercher la lueur au loin, jusqu'au pays du Soleil-Levant.

 

Un grand coup de coeur pour ce roman. Fable contemporaine qui nous emmène à la rencontre de sages, de lettrés, d'âmes simples qui résistent dans un monde envahi par l'ombre noire de l'intégrisme et manipulé par des princes dont le pouvoir ne connaît aucune limite. Les hommes co
mme les abeilles sont menacés par des forces qui semblent les dépasser. C'est sans compter sur la force bien plus grande que procurent la solidarité, la foi et le lien avec la nature.

Yamen Manai est un formidable conteur et on a vraiment envie de découvrir ses autres romans.

 

  

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25 mai 2017

Quand le monstre naîtra Nicolas Michel Talents Hauts

                                                                                                                                                      

quand-le-monstre-naitra

Un livre sur la seconde Guerre Mondiale. Rien de bien original à priori, cependant ce livre abandonne le front pour se concentrer sur une partie bien moins maitrisée du conflit : la vie des civils, ceux qui ne pouvaient que subir cette guerre, et dans le cas présent, la vie de Lucile, petite fille espiègle dont la vie va être bouleversé par une guerre dont les enjeux dépassent ce qu'elle peut imaginer, enjeux qui eux n'échapperont pas au lecteur.

Dans ce roman, l'auteur fait le choix de nous parler d'un sujet bien connu, la Seconde Guerre Mondiale, au travers des yeux d'une petite fille, Lucile, dont la vie va être bouleversée par un conflit qu'elle ne peut comprendre du haut de son jeune âge. Un personnage attachant, bien décidé à se battre à son échelle pour ne pas laisser son univers s'effondrer.

 

 

 

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Les Porteurs C Kueva tome 1

les porteurs

L'histoire de ces adolescents devant choisir leur sexe à 16 ans est originale. C'est ce qui permet à ce roman d'être encore plus original par la suite. En effet, on nous explique le pourquoi dans ce futur, tous les adolescents passent par cette phase...sauf certains dont Matt fait partie. On découvre cette société futuriste avec le passage de Flo. Ce personnage m'a beaucoup touché au début. Par la suite, je ne sais pas si ce personnage me touchera encore. Je ne sais que penser de son comportement. Ensuite, nous avons Gaëlle, fière d'être une femme. Elle est le stéréotype d'une femme. On pourrait reprocher à l'auteur ce fait mais non. Il n'en est rien. Le but de ce roman n'est pas seulement de montrer les différences entre les hommes et les femmes mais également de montrer qu'entre les femmes nous sommes différentes et toutes ne se comportent pas de la même façon de même chez les garçons.  Et c'est fait avec brio. La découverte de la féminité est développé dans le roman avec intelligence tout comme les changements chez les adolescents devenant femmes. Heureusement Gaëlle évolue. Mais je pense que nous n'en avons pas fini avec elle. Enfin Matt, un jeune hermaphrodite intelligent et réfléchi mais qui passe son temps à fuir. Il en a parfaitement conscience et assume ce côté lâche. Le concernant, rien ne se passera comme prévu. Son évolution est surprenante. On se rend compte de l'impact des hormones sur l'être humain. L'aspect scientifique de ce roman est très bien mené. On ne s'ennuie pas Enfin, nous avons Lou. Un être mystérieux et pas tout a fait ce qu'il prétend être. Je n'en dirai pas plus. Je l'ai adoré dès son arrivée. Il a une aura particulière. Et je n'ai pas souvenir d'un personnage comme lui en littérature. Il séduira beaucoup de lectrices et lecteurs croyez moi.

En bref, ce roman est juste génialissime. Je vous le recommande vivement. 

Gwenaëlle

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

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11 mai 2017

LA FILLE QUI LISAIT DANS LE METRO

La-fille-qui-lisait-dans-le-metro

 Un livre sur les livres mais pas que… Un livre aussi sur les rencontres qui touchent, celles qui nous font évoluer . Il suffit quelquefois d’un simple changement d’habitude pour que la vie prenne une autre couleur.

Juliette observe ceux qui lisent dans le métro pour, peut-être, s’approprier un peu de la vie de ces lecteurs croisés chaque jour, elle dont la vie est tellement monotone. Jusqu’au jour où elle décide de descendre à une autre station et de prendre une rue inconnue pour se rendre à son travail. Elle tombe alors sur une haute porte de métal rouillé qu’un livre maintient entrouverte et rencontre Zaïde, une petite fille qui met des feuilles de menthe dans un livre qui l’ennuie pour qu’au moins, il sente bon.

J’ai beaucoup aimé ce livre. L’histoire d’abord, ancrée dans le contemporain alors qu’on se croirait dans un conte, une histoire composée d’une multitude de belles histoires.

Les personnages ensuite,  ceux du quotidien dont fait partie Juliette et les autres, Soliman, Zaïde, Léonidas qui semblent tout droit sortis d’un livre. Les références littéraires enfin mais surtout l’amour des livres et des beaux textes très présent dans ce roman.

                                       

 

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TOUT POUR PLAIRE Ingrid Desjours

                     

 

tout pour plaire

Déborah Pennac, créature exceptionnelle de par sa beauté, sa douceur, sa grâce et son dévouement envers son mari. L'idéal pour le genre masculin ? A voir... Qui est elle vraiment ? 

David Pennac, le mari, riche, beau et tellement sûr de lui. L'idéal pour le genre féminin ? A voir... Qui est il vraiment ?

Arrive Nicolas Pennac, le frère de David. Il est pernicieux. Sa petite fille et lui s'installent chez le couple. Qui est-il, que veut-il ?

Ce trio va entraîner Sacha Mendel, flic de son état, dans une histoire violente et destructrice. C'est un thriller psychologique qui fait perdre la tête aux personnages autant qu'au lecteur. Et après l'avoir lu, il se peut que vous doutiez de votre entourage.

Clotilde

 

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06 mai 2017

L'Enfant qui mesurait le monde

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J’aime bien  Metin Arditi. C’est un écrivain francophone d’origine turque qui vit en Suisse mais aussi en Grèce. Ses romans sont toujours très beaux et provoquent des sensations un peu comme le ferait un tableau, toujours très érudits mais jamais lourds grâce à une touche de romantisme. Son dernier ouvrage, L’Enfant qui mesurait le monde (quel titre magnifique!), Grasset 2016, remplit ces mêmes critères. Metin Arditi nous emmène en Grèce dans une île de la mer Egée, concentré de tous les problèmes qu’affronte ce pays depuis une dizaine d’années. A la suite du décès accidentel de sa fille, Eliot, architecte américain, s’y installe pour poursuivre les recherches qu’elle avait entreprises sur le nombre d’or du théâtre de l’île. En réalité, il cherche plutôt à rester en communion spirituelle avec elle. Une dizaine d’années plus tard, toujours sur l’île, le deuil étant fait, il noue une amitié avec Yannis, enfant autiste qui compte et mesure tous les éléments de sa vie quotidienne et contrebalance les différences de résultats d’un jour à l’autre en effectuant des pliages qui rétablissent l'équilibre du monde. La vie relativement tranquille sur l’île, avec son café, ses pêcheurs, son pope (très important le rôle du pope qui fait office de sage), est alors rattrapée par un projet pharaonique de complexe touristique. Des personnages secondaires émergent, des hommes politiques valsent  et le souvenir de la fille d’Eliot revient sur le devant de la scène avec un projet d’école original qui sera partie intégrante du projet  final. Il y a un côté « tout est bien qui finit bien », mais c’est une lecture très énergisante. On y trouve une leçon de vie démocratique, un projet fédérateur, l’entraide au sein de l’île, le goût de se battre, la beauté du monde... Tout ce dont on a besoin en ce moment, non ?! 

Posté par pai mu tan à 18:14 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Ceux de Baltimore

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Je viens de terminer « le Livre des Baltimore » de Joël Dicker paru en septembre 2015 aux Editions de Fallois. C’est un roman vraiment très chouette, non pas tant pour son style littéraire que pour l’histoire qu’il raconte. Joël Dicker est connu pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert qui a reçu le Goncourt des lycéens et que je n’ai pas lu. Il paraît qu’on y retrouve le même personnage principal, mais ils peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.  Ici il s’agit de remonter le temps et de réécrire l’histoire d’une famille américaine, les Goldman, typique de la réussite des années 80-90. Ils sont beaux, ils sont intelligents, ils sont riches. Ils pourraient nous être parfaitement antipathiques, mais le narrateur, lui-même membre de cette famille, a une telle admiration pour la branche qui vit à Baltimore – qui donne son nom au titre du roman – et l’adolescent qu’il  était au moment des faits est d’une naïveté si  touchante qu’il est impossible de résister à ce récit. Le suspense est certes un peu trop construit, les secrets de famille trop nombreux et le Drame avec son D majuscule vraiment « trash » mais, malgré des répétitions, on se laisse quand même embarquer  jusqu’au bout. Cela m’a rappelé l’ambiance du roman de Meg Wolitzer « Les Intéressants » (sorti à peu près à la même époque et que vous trouverez en poche) avec des personnages plus fouillés et moins caricaturaux. Mais surtout avec une immense nostalgie pour l’époque de l’adolescence ou comment y rester fidèle tout en devenant adulte.   

30 mars 2017

D'Acier

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Cela fait déjà six ans que le premier roman de Silvia Avallone, D’Acier  - chez Liana Levi Piccolo-, a été traduit en français, mais j’en ai entendu parler pour la première fois il y a quelques semaines lors d’une émission de La Grande Librairie. Elle était l’invitée surprise pour Daniel Pennac. Et là tout à coup, l’émission qui ronronnait gentiment a pris des couleurs, de la chaleur. Le livre ressemble vraiment à son auteur ! Il est foisonnant, chatoyant, ça hurle, ça se dispute, c’est italien sans aucun doute. Cela se passe en Toscane. Ah non, pas la Toscane des cyprès, des villes d'art et de l'empreinte étrusque. A Piombino,  l’air, l’eau, les sédiments, les sols, tout est pollué. Car Piombino est la ville sidérurgique par excellence. La Lucchini dont il est question dans le roman, qui est un des personnages principaux avec son haut fourneau n°4, existe réellement et encore aujourd’hui emploie 2500 salariés. C’est cette vie qu’Anna et Francesca, au seuil de leurs quatorze ans, refusent de toutes leurs forces. Ne pas ressembler à leurs mères et échapper à leurs pères, à leurs frères, à leur classe sociale. Célébrer leur jeunesse et les sentiments qu’elles partagent, en faire le ciment de leur vie future. Avec le mirage de l’île d’Elbe à quelques encablures… Ce roman vous explose au visage. Les images sont fortes, crues, violentes, hallucinantes comme ce que vit et subit chacun des protagonistes, comme les relations qu’ils tissent entre eux. Silvia Avallone nous donne à voir une société italienne où les hommes ne veulent pas que leurs filles ou leurs sœurs ressemblent à des putes alors même qu’ils sont incapables d’avoir un autre type de rapport avec les femmes. Elle dépeint aussi un monde du travail essentiellement masculin autour du haut fourneau où la drogue permet de résister à la chaleur, à la cadence, aux risques permanents. Enfin, elle brosse quelques portraits de femmes extrêmement attachants, en déséquilibre permanent entre leurs aspirations personnelles et les carcans de la société italienne. C’est un très beau roman.