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D’abord, il y a l’illustration de couverture, tout en délicatesse et en érotisme, légèrement nacrée sur un fond noir mat, qui tient autant du manga que des peintures d’Hokusaï. Puis il y a le titre, « Le Bureau des jardins et des étangs » - Stock 2017 -, énigmatique et très beau, qui déjà nous emporte loin, très loin … Enfin, il y a l’héroïne de Didier Decoin, Amakusa Miyuki, drôle de petite frimousse dans le Japon du XIIème siècle, confrontée à la mort de son mari Katsuro et au devoir d’apporter les dernières carpes qu’il a pêchées jusqu’aux étangs de la cité impériale. La magnifique et foisonnante écriture de Didier Decoin nous transporte à l’époque Heian. Il multiplie les descriptions comme autant de merveilleuses estampes. Tout est  extrêmement documenté -  les rituels autour de la mort, les cultures à la campagne, l’organisation du village, l’administration du palais impérial, la hiérarchie des fonctionnaires, les bruits des rues, les odeurs, les vêtements - et pourtant  jamais le poids de ses recherches ne se fait sentir. Chacun des personnages a une réelle épaisseur. Des plus importants aux moins importants, ils ont tous une raison d’être pour nous emmener là où Didier Decoin a décidé de nous surprendre. Car si l’objectif – réussi - de Miyuki était bien de transporter ses carpes jusqu’à Heiankyo, elle va, à son insu, jouer un rôle qui la dépasse en participant au « takimono awase », le concours de parfum annuel dont le thème est donné par l’empereur lui-même. Cette année ce sera « la demoiselle dans la brume »… Rien que pour ce moment où l’empereur décrit les images qu’il a en tête au responsable du Bureau des étangs et des jardins, il faut lire ce livre ! Didier Decoin donne alors une nouvelle impulsion à son récit et nous projette dans un monde merveilleux où les mots se font parfum. 

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