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J’aime bien  Metin Arditi. C’est un écrivain francophone d’origine turque qui vit en Suisse mais aussi en Grèce. Ses romans sont toujours très beaux et provoquent des sensations un peu comme le ferait un tableau, toujours très érudits mais jamais lourds grâce à une touche de romantisme. Son dernier ouvrage, L’Enfant qui mesurait le monde (quel titre magnifique!), Grasset 2016, remplit ces mêmes critères. Metin Arditi nous emmène en Grèce dans une île de la mer Egée, concentré de tous les problèmes qu’affronte ce pays depuis une dizaine d’années. A la suite du décès accidentel de sa fille, Eliot, architecte américain, s’y installe pour poursuivre les recherches qu’elle avait entreprises sur le nombre d’or du théâtre de l’île. En réalité, il cherche plutôt à rester en communion spirituelle avec elle. Une dizaine d’années plus tard, toujours sur l’île, le deuil étant fait, il noue une amitié avec Yannis, enfant autiste qui compte et mesure tous les éléments de sa vie quotidienne et contrebalance les différences de résultats d’un jour à l’autre en effectuant des pliages qui rétablissent l'équilibre du monde. La vie relativement tranquille sur l’île, avec son café, ses pêcheurs, son pope (très important le rôle du pope qui fait office de sage), est alors rattrapée par un projet pharaonique de complexe touristique. Des personnages secondaires émergent, des hommes politiques valsent  et le souvenir de la fille d’Eliot revient sur le devant de la scène avec un projet d’école original qui sera partie intégrante du projet  final. Il y a un côté « tout est bien qui finit bien », mais c’est une lecture très énergisante. On y trouve une leçon de vie démocratique, un projet fédérateur, l’entraide au sein de l’île, le goût de se battre, la beauté du monde... Tout ce dont on a besoin en ce moment, non ?!